Hum, Buzz, Hiss (Ronflement, bourdonnement, souffle) : comprendre & analyser les bruits de mon ampli

2026 01 27 10 22 52 analyse de fréquence

Souvent, les bruits produits par nos amplis nous en disent plus sur le soucis / panne qu’ils peuvent avoir. Encore faut il savoir les interpréter. Ici nous allons parler de fréquence, ce qui n’est pas toujours facile à mesurer sans appareil. La première chose à faire est donc de se doter d’un appareil de mesure. Rien de plus simple. Il vous suffit d’enregistrer le bruit à analyser. Quelques secondes d’échantillon suffisent. Installez ensuite le logiciel libre « Audacity » disponible sur PC/Mac/Linux à partir de https://www.audacityteam.org/download/.

Chargez ensuite votre échantillon dans Audacity, sélectionnez une portion de quelques secondes de votre échantillon et allez dans le menu « Analyse » / « Tracer le spectre ». Une fenêtre va s’ouvrir que vous allez devoir paramétrer. Choisissez « Spectre » en algorithme, « Fenêtre Barlett » en fonction, choisissez une valeur importante (ici 65536) dans « Taille » (cela amémliorera la précision), et restez en Fréquence logarithmique dans « Axe ». Voici ce que vous devriez obtenir (ici avec un hum à 50 hertz):

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On voit nettement un pic important. En déplaçant votre curseur sur le pic, la fréquence va s’afficher en bas (Pic: 50hz). Voila, vous venez de mesurer la fréquence de votre buit sans oscilloscope! Il se peut qu’il y ait plusieurs pics (harmoniques), c’est le pic le plus important qui compte (fondamentale). Si vous avez une table de mixage numérique équipée d’une analyse de spectre temps réel (ex : Behringer X32, XR, Xenix, etc.. avec la fonction RTA) vous n’aurez même pas à enregistrer ce bruit, vous pourrez le faire en direct sur la console même si ce sera plus précis sur l’ordinateur.

Le Hum ou ronflement

Fréquence typique : 50 Hz (Europe) ou 60 Hz (USA), souvent avec harmoniques à 100 Hz, 150 Hz, etc.
Son : grave, continu, stable → “mmmmmmmm”

Le hum est presque toujours lié au secteur électrique ou à l’alimentation.

Si il a toujours été présent dans l’équipement, c’est qu’il y a un défaut de conception. Cela peut être lié à un transformateur d’alimentation trop proche de composants sensibles (préampli, cablage, etc..)!. Ces derniers captent le champ magnétique émis par ce transformateur. C’est très courant sur les petits combos, certains amplis à lampes, etc. C’est corrigeable en revoyant le cablage, l’orientation du transformateur d’alimentation et parfois même son implantation pour l’éloigner des composants sensibles. En effet il est presque impossible de « blinder » un trasformateur pour totalement éliminer ces phénomènes. L’éloignement physique reste la meilleure solution.

Si par contre ce ronflement est apparu progressivement, c’est le plus souvent lié au filtrage de l’alimentation dont les condensateurs sont défectueux. A noter que dans ce cas, la fréquence n’est pas de 50hz, mais de 100hzpour des raisons physiques liées au redressement de la tension alternative. Dans les amplis récents, les condensateurs sont souvent du moyen de gamme et ne tiennent beaucoup moins longtemps que ceux qui équipaient les amplis des années 60 à 80. Les constructeurs en effet bien que n’ayant pas spécialement baissés leurs prix ne montent plus des composants haut de gamme comme ils le faisaient à leur début, pour des raisons de marge. C’est particulièrement sensible sur les condensateurs d’alimentation des amplis à lampe. Cela se règle heureusement relativement facilement grâce aux excellents composants disponibles sur le marché actuellement (F&T, TAD, etc…).

Une troisième raison plus difficile à détecter est la boucle de masse. Certains amplis ne sont pas très bien cablés, et à tord le retour sur la masse peut se faire par plusieurs endroits. C’était une faute commune des concepteurs que de penser que de relier un même composant plusieurs fois à la masse (par exemple, les capots de potentiomètre par le chassiss conducteur ET par un fil de masse qui est soudé de capot en capot puis relié à la masse. D’un point de vue électrique, ces 2 liaisons représentent une boucle qui va se comporter comme une spire de transformateur et capter des parasites. Cela peut être corrigé en revoyant complètemetn le routage des masses pour – quand c’est possible – toutes les relier en étoile sur un point unique sur le chassis. Cela peut être fastidieux sur certains amplis mais l’efficacité est assez spectaculaire. C’est particulièrement vrai pour le cablage interne des guitares et des basses, ou il est très fréquent de trouver une boucle de masse, les luthiers n’étant pas tous au fait de ces principes.

Une quatrième raison, spécifique aux amplis à lampes est le filament de chauffage. Pour que l’effet Thermionique puisse avoir lieu (le principe de fonctionnement des lampes), les lampes doivent être chauffées à l’aide d’un filament. C’est généralement fait à l’aide d’une tension alternative de 6.3V à 50hz. Cela peut arriver si le routage de cette tension est mal réalisé (défaut de conception ou de réalisation), ou si pour d’autres raisons il y a des fuites électriques. Le cas le plus connu est celui du JCM2000 Marshall dont le vernis du circuit imprimé devient conducteur avec le temps et remonte un splendide hum via les filaments de chauffage. Les solutions peuvent être très différentes selon les causes, allant de la mise en place d’un symétriseur sur le 6.3V, le redressement / filtrage de cette tension, le recâblage ou l’arrangement du câblage existant pour qu’il ne pollue plus les hautes tensions, le torsadage des fils de l’alimentation des chauffages, voir leur blindage. Mais les solutions existent et permettent à minima d’atténuer très fortement à complètement éliminer le souci.

A noter que quand ce hum est capté par une guitare (ou une basse) par les micros, c’est que les micros captent le champ magnétique émis par l’ampli. C’est particulièrement vrai avec les micros simples bobinages. Les doubles s’appellent « Humbucker » ou « Hum Blocker » pour une bonne raison: Leurs 2 enroulements en opposition de phase éliminent le « Hum ». En éloignant la guitare de l’ampli le phénomène est grandement atténué. La tourner peut également aider. Raccorder tous les équipements (ampli, effets) à la même prise secteur (avec une bonne terre!) aide aussi. Et si la guitare est raccordée à une sono via un boitier de direct, vérifier que le « ground lift » ou déconnexion de la masse est bien activé pour éviter les bouclages de masse.

Mais parfois, c’est une combinaisons des causes précédemment citées. Il y a donc un travail parfois fastidieux d’identification de chacune des causes multiples avant de pouvoir mettre en oeuvres les corrections que nous effectuons dans notre atelier.

Le Buzz ou bourdonnement

Fréquence : contient des harmoniques multiples (100 Hz, 150 Hz, etc.)
Son : plus agressif que hum → “bzzzzzz”

Ce son plus riche en fréquence peut avoir des causes multiples.

Interférences électromagnetiques avec des appareils comme écrans d’ordinateur, alimentations à découpage, LED, chargeurs, variateurs de lumière. Ce peut être difficile à éradiquer car il faut travailler le trajet des signaux pour éviter qu’ils ne se comportent comme des antennes et captent ces bruits. Un filtrage passif peut également aider, ainsi que le blindage. La qualité de la prise de terre est égalemnet déterminante.

Mauvais blindage : Des guitares mal blindées (soit par peinture carbone, soit par autocollant de cruivre) peuvent capter des interférences et particulièrement les micros simples bobinages. Refaire leur blindage et parfois même leur cablage pour passer sur des masses en étoile (voir plus haut) améliore considérablement ce point.

Mauvais contact ou cable défectueux: Les jacks d’entrée des amplis ou des guitares sont également déterminant. En effect, les prises femelles peuvent s’oxyder à l’intérieur, et ne plus faire contact correctement. A minima nettoyer, voir changer la prise élimine ce soucis. Les soures sèches peuvent également amener les mêmes symptomes ainsi que les câbles défectueux.

Enfin, un redressement imparrfait peut également être source de bruit, lorsque les doides génèrent des bruits de commutation. L’usage de diodes « soft recovery » aide.

Ces soucis peuvent être détectés et corrigés dans notre atelier.

Hiss ou Souffle

Fréquence : large bande, haute fréquence
Son : “shhhhhhh”

Ce bruit à large bande peut être normal sur les amplis à haut gain. Toutefois, il peut dans certains cas se dégrader progressivement à cause de composants défectueux :

  • Tubes à remplacer
  • Résistances défaillantes
  • Transistors fatigués
  • Vieux condensateurs, plus senseible avec certaines technologies
  • Certains amplis op

Revenir à une situation normale peut demander un certain temps de diagnostique, mais c’est tout à fait réalisable. Dans certains cas, nous pouvons être amenés à améliorer la concepton quand le souffle est inhérent au schéma, mais toujours avec votre accord.

Comme vous pouvez le voir, la recherche des causes de bruits nécessite d’abord de bien identifer le type, avant d’investiger sur les causes. Mais nous avons l’habitude de travailler sur ces problématiques qui sont très courantes en audio.

Une petite astuce: Lorsque vous devez avoir des alimentations 230v et des cables audio qui sont routés dans le même espace (ex: pedal board), toujours séparer leurs chemins et les espacer. En effet 2 cables qui courent en parallèle (surtout sur une longue distance) peuvent un peu comme un transformateur communiquer de l’énergie d’un cable à l’autre. C’est particulièrement vrai lorsque les courants sont importants; En écartant les cables secteurs de cables audio vous éviterez ces phénomènes. Si ils doivent se croiser, faites le proprement c’est à dire une fois, et à 90 degrés. Ainsi il n’ay aura caucun couplage entre les 2 signaux.

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